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Décès de Fulbert AMOUSSOUGA GERO Le 23 juin 2017

   Le LÉO a appris avec beaucoup de tristesse le décès brutal, vendredi 23 juin, de notre ami Fulbert AMOUSSOUGA GERO, professeur à l’université d’Abomey-Calavi, au Bénin. De diverses façons, Fulbert a fait honneur à notre Laboratoire et il en est resté, jusqu’au bout de sa vie, un compagnon fidèle.

C’est en 1981 qu’il a commencé à fréquenter l’université d’Orléans. Il était venu pour y suivre un cursus de troisième cycle en économie, dans le cadre d’un accord signé entre son Université et la nôtre. Avec plusieurs autres étudiants (dont son ami YAYI BONI, qui deviendra président du Bénin), il a obtenu un DEA, puis soutenu en 1984 une thèse de 3ème cycle remarquée sur le marché parallèle des devises. Retournant ensuite à Cotonou, Fulbert s’est engagé, avec une vraie passion, dans une carrière d’enseignant-chercheur. Poursuivant ses travaux, il est revenu quelques temps plus tard à Orléans pour achever et soutenir, en 1990, une thèse de doctorat d’Etat prolongeant ses précédentes contributions sur les marchés des changes. En 1993 il fit encore un court séjour parmi nous pour préparer le concours d’agrégation auquel il brillamment été reçu.

Ce succès l’amena à prendre de nouvelles responsabilités administratives et lui a donné l’opportunité d’entreprendre une restructuration du département d’économie de son université. Il mit en place de nouvelles filières, encouragea le développement de la recherche, noua de nombreux contacts, passa des accords avec des universités étrangères (et en particulier avec celle d’Orléans), pour obtenir des soutiens pédagogiques et pour parfaire la formation des doctorants… Un peu plus tard, il créa une École Doctorale qui passe pour être exemplaire.

Le Professeur AMOUSSOUGA a aussi joué un rôle important au niveau des universités africaines francophones. Il a été un des cofondateurs et responsables du PTCI qui a contribué à renforcer les moyens et la qualité des études de 3ème cycle en économie dans la zone. Il a aussi longuement participé aux instances du CAMES et présidé le concours d’agrégation. De même qu’il présidait le Comité de lecture de la Revue Economique et Monétaire de la BCEAO.

Enfin, durant ces dernières années, il a occupé des fonctions politiques de premier plan (fondateur et président du conseil d'analyse économique, Ministre d'État à la Présidence de la République chargé de la Coordination des Politiques de mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement Durable et des Grands Travaux)  aux côtés de son ami le Président YAYI BONI, et au service du développement économique de son pays.

Un tel foisonnement de responsabilités et d’initiatives s’expose fatalement à certaines critiques ponctuelles, surtout lorsqu’elles bousculent des habitudes ou des situations acquises. Mais avec le recul il apparaitra, sans ambiguïté, que ce qu’a construit le Professeur AMOUSSOUGA est et restera considérable. Le LÉO est fier d’avoir compté dans ses rangs cet ami chaleureux, jamais à court de projets, et qui a toujours su reconnaitre ce qu’il pensait nous devoir. Il nous a donné en retour une façon de voir et de comprendre son pays (et au-delà les pays de la zone) ainsi que de collaborer au développement de son système universitaire. Féru d'histoire, son regard sur l’Afrique et sur ses espérances avait quelque chose d’unique. Notre tristesse est grande de l’avoir perdu. Nous continuerons à prêter notre concours, autant qu’il nous sera donné de le faire, à la poursuite de ce qu’il a engagé.